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Publications > Livres, ... > 0673 (La pensée évolution. de Jésus)


La pensée évolutionniste de Jésus

Ses incidences sur la vie de l'esprit
et le comportement humain




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Cet ouvrage est un supplément à la "Correspondance fraternelle" de février 1953. Organe des membres du corps pastoral vaudois, par lequel Charles Rittmeyer voulait s'ouvrir à ses collègues "de la découverte qui bouleversa ses conceptions et sa vie (p. 95). C'est une esquisse de la pensée de Jésus relativement à la question de l'autorité divine: suite à l'affirmation de Jésus "Quiconque est de la vérité écoute ma voix" (Jn 18,37-38), Pilate pose la question "Qu'est-ce que la vérité?".


Introduction

Qu'est-ce que la vérité? Question à vrai dire capitale, décisive, puisque l'existence de Dieu s'y trouve si étroitement liée que celui qui lui apporte une réponse négative, parce qu'il ne reconnaît pas d'autorité supérieure à la sienne, s'affirme athée d'une part, que celui qui éprouve la nécessité par contre de s'ouvrir à
un apport extérieur au capital qu'il a déjà assemblé s'affirme croyant d'autre part, dût-il se déclarer athée par réaction consciente ou non à l'égard des prétentions trop fréquemment misérables des «croyants».


Réponse ensuite si décisive à l'endroit des croyants eux-mêmes qu'au delà des apparences, par sa forme cette fois-ci, elle les départage eux aussi en athées de fait et en authentiques croyants.

Avoir «de la foi», plus ou moins de foi, ce n'est rien d'autre en effet aux yeux de Jésus, que manifester l'ouverture d'esprit assurant celui-ci de la possession permanente de l'élément indispensable à sa croissance, élément qui est appelé, sous la forme précisément de l'ouverture de l'esprit au plus ample informé, à l'exemple de celle du grain de sénevé à l'égard de sa propre nourriture, à conduire la si petite semence de l'esprit à se réaliser avec puissance sous les traits de l'esprit de vérité, le royaume que le Dieu-esprit administre en propre (Mu 13,31-32 et 17,20). La vie de l'esprit, la vie éternelle est en d'autres termes si étroitement liée au développement proprement dit de l'esprit que celui-ci se découvre dans l'obligation tant de s'ouvrir pour s'enrichir, que d'accéder à l'autorité dont découle l'enrichissement recherché.


On voit d'emblée que tout esprit devenu conscient de cette double nécessité se donnera pour tâche première de bien définir l'autorité visée, afin de ne s'incliner par la suite que devant elle.
On voit également que, l'esprit étant appelé à la croissance en tout homme, Jésus se verra contraint d'
écarter aussitôt de son horizon toute autorité comportant le moindre risque, pour l'esprit en voie d'achèvement, de s'incliner devant un aube esprit de sa condition, inachevé comme lui. Tant est certain le fait qu'une plante ou qu'un corps ne vit pas de sa propre substance et qu'un esprit cesse à son tour de se développer et de vivre à l'instant où, remis à la dépendance d'autrui dont il atteint généralement tôt ou tard le développement, il se trouve en fait livré à lui-même, privé de l'apport indispensable.


On aperçoit ainsi les considérations auxquelles Jésus obéissait lorsqu'il lança ses avertissements solennels destinés à nous rendre attentifs, relativement à l'avenir de l'esprit, au caractère décisif du choix que nous sommes appelés à opérer en matière d'autorité (Mu 23,8-10).
En outre, l'esprit ne vivant de la sorte à ses yeux que dans l'indépendance la plus entière à l'égard de ce qui ressortit à l'homme, dût-il se prétendre inspiré (Lc 6,26), on entrevoit également qu'à partir de Jésus la notion même d'Ecriture se verra dépouillée de toute idée d'autorité, par le fait encore qu'en aucun domaine jusqu'ici le passé n'a comporté le pouvoir de limiter les possibilités de l'avenir.

Il n'y a dorénavant rien de surprenant que Jésus, mis au bénéfice de conceptions si nouvelles, ait vu se produire en lui un développement qu'aucun autre n'avait connu avant lui (Jn 15,24: œuvre étant synonyme de parole (v. 22 et Jn 14,10), d'œuvre de l'esprit) et qu'il ait par la suite posé comme condition indispensable à l'accession à son propre état, l'émancipation d'autrui à l'endroit de toute autorité en vigueur de son temps et dans le passé, qu'il désigne cette émancipation sous les traits du baptême de Jean (Lc 7,30), qu'il la figure sous l'aspect de la nouvelle naissance introduisant seule en son royaume (Jn 3,5-7), ou qu'il la représente comme le retour nécessaire à la libre activité de l'esprit telle que déjà l'enfant la connaît (Mu 18,3 et 10)

Il n'y a enfin rien d'étonnant non plus que Jésus n'ait reculé devant aucun obstacle ni aucune autorité reconnue de son temps, pour mener à chef le bouleversement (Lc 12,49-53) qui devait à ses yeux sauver le monde et, à ses yeux encore, lui valoir à lui-même l'agonie de la croix (Jn 8,37 et 40).

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